CONSULTATION IPSOS


Intervention de Pierre FACON, Conseiller Général de Neuilly-Plaisance Séance plénière du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis du 13 décembre 2005

 

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Avant d'aborder d'aborder le contenu très instructif de cette consultation, permettez-moi, messieurs de l'exécutif, car je ne sais plus vraiment à qui m'adresser, de m'insurger du très peu de temps que vous nous avez alloué pour prendre connaissance des résultat de ce sondage. En effet ; obtenir au conseil général, alors que les élus sont dans leur canton, ces éléments pour critique le lendemain, avouez que c'est un peu fort ; et si nous agissions de la sorte dans nos communes, l'opposition ne manquerait pas de relever ce fait avec autrement de véhémence que je ne le fais ici.

Mais revenons au contenu de cette consultation.

Je suis d'abord très agréablement surpris, à la lecture de ce rapport, de la recherche de pragmatisme de nos concitoyens, en effet ; pour chaque question posée, c'est la proposition la plus réaliste, la plus proche des réalités économiques ou sociales qui ressort.

Mais prenons les choses dans l'ordre.

Tout d'abord, en page 5, pour ce qui concerne les domaines d'action jugés prioritaires dans l'avenir, l'éducation et la réussite scolaire arrivent largement en tête, ce qui confirme la proposition depuis longtemps formulée de prise en charge par le Conseil Général du soutien scolaire, à l'image de ce que fait la ville de Neuilly-Plaisance dans les écoles primaires, avec le concours du personnel enseignant. Par contre, l'accès de tous à la culture est plutôt en queue de peloton, mais ceci ne traduit-il pas un raz le bol des séquanodyonisiens à votre vue de la culture ? Mais j'y reviendrais plus loin.

Avec 59%, le logement est aussi un axe prioritaire aux yeux de nos concitoyens, et vous devriez méditer ce chiffre pour vous engager plus avant dans le financement des réhabilitations du programme ANRU ; vous pourriez ainsi prendre en charge, comme la loi du 13 août 2004 vous le permet, l'attribution des aides de l'état en faveur de la réalisation de logements locatifs sociaux ainsi que l'attribution des aides de l'ANAH (Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat).

En page 11, pour ce qui concerne l'emploi, et avec 46%, nos concitoyens ont bien compris, comme nous le répétons souvent ici, que ce sont les entreprises du secteur privé et concurrentiel qui sont à favoriser ; et la sacralisation du secteur public, chère à votre obédience ne recueille que 18%

En page 12, pour ce qui concerne le logement, seuls 18% des personnes souhaitent interdire les expulsions, je pense que beaucoup de nos concitoyens pensent que certaines expulsions sont justifiées dès lors que la famille en question ont des revenus qui leur permettent d'assurer leur loyer, et c'est parfois le cas.

En page 16, il apparaît clairement que la proposition que nous formulons depuis longtemps, à savoir la mise en place d'un soutien scolaire dans nos établissements, est considéré comme l'urgence numéro un pour ce qui concerne l'éducation. Il nous semble nécessaire de mettre en place rapidement cette formule, que nous avons testé et validé à Neuilly-Plaisance et qui sied parfaitement à la fois à la communauté éducative qui se montre volontaire et bien sûr aux enfants, qui voient dans ces heures autre chose que du pur scolaire, enfin aux parents, et c'est bien normal.

En page 17, l'urgence de la formation apparaît clairement, et encore une fois ici je dois dire que les priorités qui apparaissent et reflètent les chois des sondés correspondent à du concret : métiers de la santé, service à la personne, bâtiments, enfance et commerce, voilà des domaines où il faut monter des compétences, avec des partenariats avec les professionnels de la formation, comme l'AFPA par exemple, mais je me suis déjà exprimé sur le sujet à maintes reprises.

En page 18, le fait de favoriser les coopérations entre entreprises et l'enseignement privé est considéré comme essentiel, et c'est bien normal ; nous avons actuellement des milliers d'entreprises qui vont disparaître par manque de compétence existante dans les domaines concernés ; c'est le cas de milliers d'artisans qui n'arrivent pas à attirer des jeunes à cause de l'image véhiculée par leur métier ou des obligations horaires ; il est nécessaire que le Conseil Général s'implique encore plus qu'il ne la fait dans le partenariat qui peut s'établir entre entreprises et milieux universitaires.

En page 19, avec une question orientée, les sondés répondent, à 44%, que la politique d'insertion est à maintenir à son niveau actuel ou à réduire ; il faut méditer ce chiffre, qui montre, je pense, les limites des politiques d'insertion menées actuellement.

En page 20, le chiffre de 82% pour le maintien à domicile des personnes âgées, demandé par les personnes âgées, plaide, il me semble, pour la réalisation de logements adaptés aux personnes âgées et aux handicapés, il faut avoir ce chiffre à l'esprit, notamment lors des réhabilitations de logements ou de constructions, dans le cadre, par exemple du programme de l'ANRU.

En page 21, les priorités des habitants pour les personnes handicapées sont autour de l'intégration scolaire et professionnelle, cette priorité est bien sûr à accentuer, elle correspond d'ailleurs aux récentes mesures en faveur des handicapés voulues par Jacques Chirac.

En page 22, l'environnement se traduit, pour nos concitoyens, par une amélioration de la qualité de l'air et de l'eau, par la mise en place de transports non polluants, par la lutte contre les nuisances sonores, par la création de nouveaux espaces verts, comme au plateau d'Avron par exemple, par la réduction des déchets. Ce sont des préoccupations qui correspondent vraiment aux atteintes actuelles ; encore une fois, les séquonodyonisiens ont visé juste et pratique. La réalisation de pistes cyclable est un visiblement un enjeu mineur pour nos concitoyens, et c'est un constat que nous faisons également à Neuilly-Plaisance où les voies cyclables que nous avons réalisé sont peu empruntées, au regard, certes, du caractère pentu de la ville, mais aussi du danger représenté par la pratique du vélo dans nos ville.

En page 24, je constate que le "soutien à la création contemporaine" ne recueille que 11% des personnes touchées par la consultation, c'est à mettre en relation avec les nombreuses interventions que nous avons faites depuis des années sur votre vue de la culture, qui n'est souvent pas celle que les communes de notre département aimeraient promouvoir ; et il en va de même pour l'organisation des grands événements.

En page 25, nous voyons que 64% des sondés vous aimeraient voir soutenir plus les associations et clubs sportifs du département, je comprends qu'ils aimeraient plus de répartition entre les différents clubs du département, et pas seulement le choix su soutien d'un seul club départemental, à savoir celui de Montreuil.

En page 26, les grands projets que souhaitent les séquanodyonisiens sont encore une fois dans le domaine de l'utile, du nécessaire, du pratique : avec un lieu favorisant l'apprentissage, celui du lycée international, et nous attendons ici la région, ils optent clairement pour l'avenir des jeunes de notre département ; ici et toujours, la formation est au coeur de la réussite.

En page 27, notre population opte pour une procédure participative d'élaboration budgétaire qui associe la population ; et je comprends ici que les séquanodyonisiens voudraient dépenser mieux l'argent public.

En page 28, les questions qui étaient posées étaient du style

"Voulez-vous que tout le monde vive mieux avec plus d'argent", et évidemment, vous obtenez de bons scores sur la question du style "l'état doit mettre en oeuvre des politiques publiques ambitieuses pour l'école, le logement, les transports, la santé" ; avouez que ces questions ne peuvent souffrir que d'une seule réponse positive.

Enfin, en page 32, la sécurité apparaît clairement comme une exigence aux yeux de notre population.

Ce que j'espère, Monsieur le Président, c'est que le résultat de cette consultation vous servira à infléchir votre politique sur des domaines sur lesquels vous pensez toujours avoir la bonne réponse.

Avant de conclure, permettez moi d'être très étonné du manque de retour de la population sur une partie de votre coeur de métier, à savoir les collèges et les routes départementales.

Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

 

 


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